[I'LL BE WAITING IN THE PHOTO BOOTH]
Reçasser de vieilles coupures, c'est ce qui m'a toujours le plus donner envie de me complaindre dans ma nostalgie. ce pays me manque, atrocement. je n'crois pas qu'on pourrais exprimer encore tout ce qu'il m'inspire. je peux pas m'empêcher de me frayer un chemin dans c'que je penses être un avenir là-bas. les seules choses qui me manquent sont-là. elles n'ont rien de particuliers, seul'ment n'ont rien de matériels, tout est dans l'air. quand j'ai posé un pied là-bas, j'ai pensé que jamais personnes, ne pourrais jamais me faire décoller. des larmes d'insufisance coule sur mon jeans délavé. elles sont toujours suspendues à mes paupières quand j'en parle. mes cils battent mais cachent & brouillent, balayent avec difficulté ce qui encombre mon regard. quand j'ai été obligés de rentrer, quand le bateau m'a emmené loin de Liverpool, de Newcastel là où j'avais débarqué, et d'Edimburgh, j'ai cru que ce morceau qui s'était ajouté à moi se découssait doucement, pour final'ment pendre lamentablement et tomber entre mes paumes. mais je le gardais, ne le montrais à personnes, le laissait se develloper. je n'peux plus me retirer de la tête les bus impériaux, les vitrines, les bâtiments victoriens, les cérémonies du thé. les routes pavés sur les butes de ces vielles villes d'Écosse, venteuse et contrée subliement calme. je sens encore l'oxygen me remplir les poumons, douloureux d'être aussi vivants. les étendues vertes me rendait une liberté que j'avais trop longtemps espérée. assise dans un prés abandonné, avec des gamins qui jouaient au foot, à détacher des brins d'herbe du sol pour les garder dans mon carnet. c'est tout ce qu'il me reste de ça, des polaroïds des cabines, des taxis, épinglés au mur, sur le drapeau trouvé à Hastings quelques temps après. je cultive cet amour depuis tout ce temps, je le couve et il m'apporte ce que je souligne encore d'uotpie. quand je suis sortie du ferry j'ai cru mourir; on m'avait arraché à ma terre promise, à ce qui ne m'avait jamais autant bousculée, d'un endroit qui n'existait que dans mon esprit. c'est avec le ressentiment d'un coup d'poing dans la gueule que j'me suis mise à regretter, regretter d'être restée si peu de temps, de ne pas m'être soudée aux escaliers, ces larges marches du deuxième hôtel, qui m'avait rendue dingue de bien-être, avec ses tapisseries, ces vieux vieux couloirs, sa façade blanche et sculptée en bois. après est venu Londres, je n'aime les grandes villes, pourtant elle m'a transportée, les petits quartiers, carnaby street, ce monde grouillant par instants, et qui se dissipait une fois les ruelles passées. y'a eu cette escapade en pleine nuit, on savait pas où on allait, on été seuls, sur les places, nos rires retantissaient et rien ne m'avait parru plus extraordinaire que ça. quand j'y suis revenue, j'avais de nouveau cette respiration saccadée mais heureuse de suffoquer, partout cette différence, cette ambiance. j'ai besoin de ça, tout c'que je ne trouve pas ici est quelque part là-bas. je dois partir, faire mes valises, me hâter à quelque chose d'autre que ces normalités flétries. monter encore et sans fin dans le premier train qui m'aménera là-bas. on m'a déracinée, on m'a détaché de ce fond doré qui luiser sous une pluie battante. nulle part je ne me sens à l'aise, là-bas les rues même les plus crasseuses ont des allures de beauté déchue et émouvante. j'y penses toujours autant, ça ne me quitte pas, c'est un tuteur dans ma colonne vertébrale, un mur derrière moi, des fils invisibles sur qui je pèse lourd. cette chanson, Albion, n'a réussi qu'à empirer mes tourmentes, les livres aussi, tous comme ces groupes qui me suivent partout, la langue anglaise s'impreigne en moi, et je suis cette éponge qui essuie un peu plus chaque jour, qui rejette et qui finira par déborder. je n'souhaite pas terminer ici, à crever comme si cette flamme avait éteinte de force, et qu'on a étouffer petit à petit. je n'veux pas qu'on m'enferme, entre ces frontières et ces barricades de connards indigestes depuis trop d'années. pouvoir aller et revenir, dans un petit apartement, je n'rêve pas de défonce et de rock'n'roll, je n'veux que de la liberté, un retour à c'qui me fera réellement vivre, à ce qui pourra me laisser m'épanouir. rentrer chez moi. là où ma tête et les alentours ne feront plus qu'un, là où plus aucune personne ne me dégoûtera, ou la musique sortira de partout, dégoulinant sur mes pieds, enivrante et réelle cette fois-ci. cette connerie permanente à présent ici, ne sera plus qu'une demi-mesure là-bas, chez les vieux et les royalistes, chez les patriotes et les ignorants. je serais loin de ça, en me nourrissant d'exploits. j'aurais cesser d'être ce gosse qui est dans l'incapacité de récuperer ces joies curieuses, cesser d'être semi-crevée par cette routine, retirer cette peau d'enfant a qui on aurait foutu une raclée et se sentant faible, sans plus aucune retenue, près à imploser, se jetter au sol & hurler au monde entier à quel point il est incompris, que les adultes sont corrumpus et que seul lui se sent abandonné dans cet amas de saletés. chaque transports que je prendrais, dans lequel je dormirais, où j'espèrerais en me réveillant que je sois déposée à Albert Dock, à Camden, dans un recoin perdu et inconnu. j'aurais le coeur qui ferait des bonds quand je saurais enfin mon sac prêt, qu'on me conduira à la gare, et que j'émergerais enfin de ce qui m'avait asphyxier trop longtemps. je mordrais toutes ces mains qui me retiendront, suppliantes mais non rien n'y fera. dans la poche intérieur de ma poitrine je soigne ce prestige comme une délivrance, depuis qu'on m'avait contrainte à sacrifier mon enchantement. cet éclat de d'adoration retrouvera sa case, quand je murmurerais sur le pont en pleurant des larmes gelées : Talk over. Gin in teacups & leaves on the lawn. Violence in bus stops And the pale thin girl with eyes forlor.
Anywhere in Albion mais plus ici.
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