11.10.09

"I FOLLOW THE SWANS LIKE I FOLLOW MY DREAMS"






-how patrick wolf took me last night-

un mal de chien à s'endormir. se croire en permanence dans ce monde là. recouvert de pailettes et d'une certaine magie que ne laisse jamais indifférent. 2hOO d'insouciance, de bonheur concentré & on voudrait que cette vie là ne s'arrête jamais.

On commence par un train en retard, une course contre la montre, un autre train presque raté. et du stress à la pelle. Arrivées à la capitale, les bides noués, on parle de ce qui va se passer, on s'essaye à imaginer ce que sera comme moment. indescriptible probablement. et pourtant je suis là à tenter de me battre avec ma tête pour râcler mes souvenirs.
On se poste dans le hall de l'orangerie, près des portes d'où s'échappe les balances et les arrangements sonores. dont le violon. mais patrick n'est pas encore là. la diva se fait attendre. histoire de consommer le mythe comme il se doit. zoé une bière à la main, moi une vodka vidée en un trait pour faire arrêter mes tremblements et ça marche forcément pas. alors on s'assoit et on attend, on attend. quelques fans allemand(e)s, anglais(e)s, flamand(e)s arrivent & à la vue du dessin de zoé viennent nous causer un peu. it's our first concert of patrick wolf etc etc.. l'une d'elle nous offre gentiment un badge à l'effigie du wolf, bien sûr. je l'épingle sur mon gilet doré, faut bien se vêtir en conséquence. l'attente devient insoutenable, je me suis jamais sentie comme ça, même pour aller voir doherty. ça frise le ridicule, j'en suis bien consciente mais c'est à peine imaginable quel effet ça fait de se savoir dans le même endroit que lui. seules les personnes qui se sont retrouvées face à ce phénomène peuvent comprendre je pense. soit, téléphone qui sonne, je parle, trop peut-être en regardant mes pieds. pas le temps donc je voir patrick passer juste devant mon nez, suivit de son très cher et tendre boyfriend (william si je ne m'abuse). je suis interpellée par les gesticulations de mes voisines, c'est là que j'ai compris qu'il venait de faire son entrée au bota pour de bon. déjà une occasion de ratée, mais je crois que ça m'aurais légèrement achevée. on en est a s'assoir à même le sol, près de la porte d'entrée. on l'entend qui chante. là ça commence franch'ment à devenir une véritable torture. au bout de deux heures des types viennent pour prendre nos tickets et nous laisser rentrer dans ce lieu qui va devenir sacré. on a une place rêvée, devant quasiement au millieu, collées à la scène.la première partie, the deers tracks, font leur entrée. gentillette musique d'ambiance, mais pas plus transcendant que ça. ils ont la privilège de faire la première partie du wolf, c'est déjà ça de pris & largement. au bout de cinq chansons, soit une grosse demie heure, ils en ont finis. enfin. sauf que mon état s'aggrave. je me sens comme partir en arrière, j'ai du mal à respirer & je crois que j'en gardé quelques symptômes rien que de retranscrire ça ici. au fur et à mesure que le décor et les instruments se plantent sur scène, j'ai une barre qui me traverse le ventre. les organes sont comme mélangés. les lumières me font des frayeurs à s'abaisser, c'est là que pour se détendre zoé & moi entâmons une reprise d'une certaine "musiiiic wheeen the liiights goo ouuuut". normal. il est 21.13, retard d'une quart d'heure. mais là. les musiciens prennent leur place respective. le gars balance l'intro de Who Will. et l'apparition débarque comme un putain d'enchantement. il marche comme s'il dansait. habillé comme seul patrick wolf peut se permettre de le faire. une sorte de pagne gris clair attaché au pied et des bottes de pluie noires. son torse presque nu, laissant apparaître un morceau de l'unicorne. sur sa tête, il avait noué un tissu grisâtre argentée. maquillé de blanc, les sourcils à peine visibles. ses épaules, son cou, sa gorge brillaient sous les spots, cramant sa peau qui commençait a perlé légèrement. dés qu'il ouvre la bouche pour chanter, c'est un voile qui recouvre la salle, personne n'ose pleurer, crier, manifester sa joie. on admire. j'admire. j'ai peine à croire que c'est la même personne dont je m'étais obligé effacer tout espoir de rencontrer. la même personne qui se déhanche sur mon écran. je suis subjuguée. y'a pas d'autres mots. la chanson s'achève. il nous remercie en français. va s'assoir sur son siège en face du synthé. quelques accords sur le vif qui s'allonge pour donner naissance à l'intro de Bluebells. le public est en liesse et moi je suis morte. je murmure les paroles du bout des lèvres tandis des hérétiques gâchent tout en hurlant derrière moi. tant pis je reste calme et continue de fixer l'ange qui se trouve à ma gauche. il a dégagé son turban, laissé voir ses cheveux blonds, un amas de fils fragiles qui donnent envie de foutre sa main dedans. s'enchaînent ainsi les plus courts mais intenses moments de ma vie. il s'avance tout pres de nous, sur les genoux et fixe ainsi le premier rang. je fais les frais de trois secondes de fixage les yeux dans les yeux. et putain personne ne peut en revenir. il s'enroule dans les rideaux sur Battle, monte sur les baffles. sors son violon sur Damaris. danse et tape des pieds sur The Bachelor. lorsqu'il empoigne sa guitare électrique, son nouveau jouet, c'est pour nous faire exploser Tristan à la gueule. nouvelle clameur de reconnaissance. dés qu'il regarde l'assemblée, a nouveau un fixage me tombe dessus ainsi qu'à mes voisines. dés qu'on lui sourit il sourit aussi. sorte de récompense que l'on aimerait accroché au mur, pour pouvoir les contempler sans l'encombre du temps. je ne suis réellement pas certaine, mais il passe à Count Of Casuality, ce foutu morceau dont j'avais chopé la démo appelée Wargames bien avant. il sort de scène sur la fin, à reculons en lâchant son micro. la première heure du concert s'est achevée sur un souffle.
il réapparait dans un halo de lumière d'or et de mauve. sous les applaudissements qui s'emplifient de plus en plus. il sourit encore, de ce putain de sourire qui fait apparître ses dents de gosse. remerciements en français ponctués de quelques thanks you. nouvelle vague de morsures qui m'assaillent, il entame The Stars. si je dois retenir quelquechose de précis de ce morceau c'est le "mama, papa voilà the night!". j'ai un problème avec ça, un problème à tendance pédérastre peut-être. je crois me souvenir d'un brève intermède qui n'était autre que Secret Garden ou Augustin (sur b-side). il s'en retourne à son synthé pour encore nous en foutre plein les yeux. quelques notes encore jouées sur le fil. il jette un coup d'oeil rapide à sa violoniste qui commence à faire glisser l'archet pour sortir les accords de Paris. un duo synthé-violon en grosse partie qui me semble durée une éternité tellement c'est une perfection instrumentale, que ça me tire en longueur, je m'étale dans un onde de pure transe. à la fin de celle-ci, une fille à mes côtés brandit une pancarte avec écrit Wind In the Wires. Patrick la remarque bien évidemment& s'excuse d'une voix enfantine: "oh sorry i like this song. so much. it's one of my favorite but i can't play it, my ukulele is broken. sorry!". le tout couronné d'un sourire charmant, qui ferait tout pardonné. et là, chose que j'aurais jamais imaginé. "it's like this song, inspired by a book of the fabulous writter Virginia Woolf. it's talks about a walk to the phare". là, je peux pas m'empêcher, virginia plus le fait de parler de cette chanson en particulier m'arrache un borgborygme aïgu qui parvient aux oreilles de patrick. il me regarde soudainement et me lâche un "yeeeees" enjoué signalant que, oui, j'avais bien compris qu'il parlait de To The Lighthouse. après ça, patrick nous offre dix minutes de paroles continu, il nous parle de bruxelles, combien il apprécie cette ville si énorme. nous raconte que c'est la dernière de la tournée déjà. que c'est toujours trés nostalgique comme moment, car il rentre chez lui, revoit sa mère, qui d'ailleurs lui téléphone le soir avant les shows pour l'encourager, nous dit-il. égal à lui-même, ce roi n'en fini pas d'exercer un pouvoir hypnotique sur la petite foule. il recommence à jouer, en chantonnant quelques paroles m'étant inconnues, probablement préparées avant, parlant de ses grands-parents, sa soeur, et bien sûr his darling. l'incarnation de Peter Pan se met à chanter The Sun Is Often Out, un morceau magistral mais d'une tristesse éprouvante. je commence à avoir les larmes aux yeux mais décide vite de tout ravaler. applaudissements et regain de tremblements, il passe à cette putain de merveille nommée Theseus, que tout bon fan de Patrick se devait de connaître bien avant la sortie de The Bachelor, puisque la première démo est d'une pureté sans pareille. jouée donc avec cet instrument posé à plat sur ses genoux qui remplace avantageusement le ukulele dont le nom m'échappe totalement. ensuite vient peut-être ce que je trouve la meilleure chanson de la partie I de l'album. Hard Times. qui fait déferlé les voix, envoûte et démultiplie les émotions. ça sent la fin méchament. on a envie de ça dure toute la nuit, toute la vie. c'est la dernière, celle qui va tout sceller et pas des moindres. le violon nous met sur la voie. sur la Magic Position. qui va durer pas moins de dix minutes. dansante, qui laisse un arrière goût de joie indéfinissable en bouche. à la fin des ces quelques trop courts instants, il clôture le concert en nous remerciant en français en nous disant "i'll come back to brussels i promess & promess me to come back to me! Je t'aime! merci!". & sa majestée tire sa révérence & s'en va en nous laissant digérer sa présence. au bout de cinq minutes d'appel désespéré du public il réapparait aussi brillant en se plaignant presque "i can't leave you like that! so thank you so much i love you it was wonderfull to be here! à bientôt!". il disparait pour de bon cette fois. alors on court vers la sortie, histoire de rejoindre un éventuelle sortie des artistes. on se planque dans la rue adjacente du bota. devant un porte qui laissent entendre des bruis, des pas, du mouvements. par les fenêtres travaillées, j'aperçois uniquement les ombres, les ombres colorées, sûrement des peaux, des cheveux, des chemises différentes. mais j'identifie vite patrick et son boyfriend. au bout d'une demi heure toujours rien ni personne. je le sens pas, même si l'étoile desbarres est là, je le sens pas. je somme zoé je remonter la rue, de se planquer devant l'entrée principale. elle finit par m'écouter et me suivre. j'avais raison. les gars commençait à débarquer leur bordel sono et autres. on se calle dans le hall d'entrée où il n'y a personne et où on pourra le retrouvé dés qu'il passera. au bout de vingt minutes, Patrick déboule. en pyjama. c'est un moment historique, unique. il porte une longue blouse parsemée de motifs en dés de toutes les couleurs sur fond blancs ainsi qu'un pantalon trop long noir avec des dominos blancs. autant dire que je rêvais éveillée. je le chope au vol limite en lui demandant s'il peut signer le portrait que j'avais fais y'a de ça un an. "ooh ok but very quickly" en continuant de marcher avec sa couette en bras. "do you have a pen?" en montant les escaliers vers la sortie. une horde de personnes l'entoure lui et moi pendant qu'il signe un énorme PW en me lâchant en français "alooors un autographe!". une autre fille réussit à faire signer une pochette mais d'autres demande photos et compagnie. "i'm really sorry but le ferry n'attend pas".(oui en français toujours). et le voilà qui monte dans son van. j'en reviens à peine je descend pas de ce foutu nuage. on se décide a aller prés de la voiture qui n'a toujours pas démarré, curieusement. il nous fait signe aisni qu'aux quelques personnes qui sont là. puis un gars se fait appeler par le conducteur. il revient en nous annonçant "i think...we have to push the car". quoi?! patrick ouvre sa portière en nous demandant, de manière si adorable qu'on ne peut refuser, si il y'a des volontaires forts pour bien vouloir l'aider à pousser le van car ça ne démarre pas. trois filles et moi-même nous dévouons. alors nous voici a quatres, de part et d'autre de patrick à pousser le van sur 20 mètres. toujours rien. on recommence patrick est mort de rire nous aussi c'est une situation dans laquelle personne n'aurait oser imaginer se retrouver tant elle est génialissime. enfin le van prend de la vitesse avant de s'arrêter a un carrefour 50 mètres plus loin. patrick nous applaudis en sautillant (une photo en atteste) et nous remercie en nous envoyant des baisers de la main et en courant. un dernier signe de la main un enorme "i love you see youuu soon very soon". et il monte dans le van qui s'éloigne vers calais. je me retourne, totalement abasourdie par ce qui vient de se passer. j'arrive uniquement a balbutier que c'était pas réel, que c'était surréaliste."je voudrais vivre ma vie dans un de ces concerts" a finit par dire zoé. on en est là.
à l'heure d'aujourd'hui j'ai toujours ce sentiment que rien de tout cela n'était, que tant de magie n'existe pas pour de vrai. Patrick Wolf m'a envoyé ses poudres aux yeux, au point d'en être restée aveuglée.




PHOTO CONCERT:ZOÉ

2 commentaires:

Eoz a dit…

oui oui oui oui oui je veux vivre ma vie dans un concert du sieur Wolf. Aaaah seigneur seigneur seigneur, est ce qu'on s'en remettra un jour ? :D
On a chié dans nos bobettes, ô Patouphiles que nous sommes !

Alma a dit…

Je rêve toujours de le voir chanter, il est sublime. Sublime.