30.8.09

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LAST TIMES IN BERLIN


la ville manque déjà. les heures interminables à écouter x-tal d'aphex twin & à me rapeller sa peau à elle qui me serrait.un truc bizarrement inexplicable. enfin arrivée sur brlin, l'immense, la belle berlin.début de soirée, l'air est doux, premier pied en dehors du bus. attendre le dépaysement, le sentiment de malaise quand tu prends conscience qu'une fois de plus t'es loin de chez toi, un truc qui donne envie de pleurer parceque la peur d'être paumée te prends. puis tu le sens, ce bruit de fond qui grandit, comme une foule grimpante qui te monte littéralement dessus. la liberté. tu le sais au plus profond, les déménagements, les sacs trop lourds, l'arrache tout ça c'est pour toi. t'es comme née pour ça. ça te rend comme ivre, tout d'un coup, à chaque fois c'est pareil & t'adores. poser ses affaires, à peine éveillée, la ville te file l'énergie qui démange, vouloir te souler violemment & c'est ce qui se passe, tu dégages dehors, tu te fous à rire, gueuler avec toute une bande. ouais devenir proche des gens quand c'est comme ça. plus de différence juste quelques différents. puis enfin direction le bar.déjà tous accoudés, les 50cl à la main, les couillons pavanent clairement. toi, tête au milieu du derche mais bon tu réussis à vider cette vodka rempli de glaçons. alcool qui délit instantanement les membres, sourire esquissé par inadvertance. tu sais que ça va commencer. dans la chambre début de ce gros bordel. le plein de gens, de fumée, fenêtre ouverte pour laisser sortir l'odeur de cette soirée. tout le monde, genre une douzaine de personnes qui circulent dans ces quelques 6m carré. l'air de berlin s'immice dans nos cheveux, sur nos bras découverts, dans nos verres déjà remplis plusieurs fois. on est là, à huit autour d'une bouteille, on enchaîne les shoots. au bout de dix tu démarres, décaler un peu.t-shirt trop large, débris, débridés, sous les acidités virulentes des alcools.nous sommes cons, brillants et bruyants. tout ce qui déplait. au bout de plusieurs heures à tout refaire, chacun dans son pieu, soit pour chercher le sommeil soit s'exclamer qu'on peut encore boire, mais ceux-là finiront par gerber dans leurs draps. demain, ça sera le même. même visages souriants, tirés, cernées mais heureux d'être là. visite de la merveilleuse. tout est là pour te rapeller la reconstruction, les années septants, la gigantesque et froide place du parisien, la porte. tout ça résonne dans ta tête comme un bout de jamais vu.
berlin est un grand rêve éveillé. en face de l'hôtel, gros soleil dur et doux à la fois qui tape. les bâtiments d'en face sont démontés, abandonnés, un haut mur sur une baraque laisse voir un joli graf. tag étalé au large pinceau dans les roses et les verts. un oeuvre en total décalage avec le reste: la rue résonne dans les gris, ce quartier te parle carrément. c'est large, dépouillé & les souvenirs sortant par tous les pores des briques et du béton. tu pourrais distinguer le début des nineties, allégresse post chute du mur. ici c'est berlin est & ça se sent, ça se condense. quelquechose de pourave, un air soviètique dans tout ça. le reigne du blanc. la bestialité et la grandeur. puis le centre, l'urbanité en pleine poire, rues larges, enseignes diverses. t'as quitté définitivement le petit coin excentré de ce matin & pourtant tu le préfères à cet amas pervers & vidé de toute histoire, rasée. mais quand même, arrivée devant les beaux-arts, tu ressens la même chose que quand tu mattais berlin depuis ta télé. concentré d'underground. tout tournes autour de ça et aujourd'hui tu t'en fous plein la vue.Pleurer de joie, à être flanquée devant tout cet éboulement de peintures, sculptures, ça va trop vite. tout t'impressionnes. y'a un tel bordel merveilleux dans cette ville que s'en devient parfait. soirée en ville. on bouffe, on rigole fort comme pas permis, une fois dehors, on devient insoutanables, les gens qui sont assis sur les terrasses nous matte devaler cette avenue en souriant ou en dévisageant comme de signards. encore une fois de retour à l'hotel, tu te retrouves avec quelques filles, amies depuis peu ou depuis longtemps, on ouvre une bouteille de tequila, paquets de despe. sachets de sel chopés au burger king. citrons achetés en speed. on avait prévenus le coup. donc on verse on frappe on mord. ce truc, tu trouves ça immonde mais ça soule alors tu t'en fous un peu. t'avales le citron avec le zeste. soit ça passe.. tu bois quelques shoots& laisse les autres avchever le fond. pas envie de te ramasser encore comme toujours. tu contrôles tes envies. tu sors dans le couloir, cause anglais avec des couillons qui "would like have fun & party". ouais bah dégages retourne chez ta mère. tu fermes la porte, il est passé 2h. tu commences à désouler& à te dire que demain c'est fini.

PHOTO:J.LIVINGSTON

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